Presse

Qui se grave dans l'œil et nous interroge...
Andrée Chedid

 

Pierre d' âme

Criblés d'âme
Touchés à vif
- Tel l'homme -
Les vaisseaux du culte
Aux pierres musclées
Vacillent sous leurs voutes

Taraudés par la vie
Aspirés par la chute
- Tel l'homme -
Tous nos travaux
Déploient façades et poussiére.
Déroulent ruines et bauté

Andrée Chedid
(Poème énigmatique sur l'œuvre de Cécile Proslier)


 
Cécile Proslier possède une approche personnelle, intime, du paysage élu en ce moment :
Les vastes espaces de l'île de Ré...
dont elle traduit sur la toile l'émotion ressentie sur le motif en des compositions amples ou subsistent quelques accidents de terrain, rythmant l'espace.
On est loin d'une représentation réaliste et cependant la vérité est là...

Nicole Lamothe

 
De la nature, elle en saisit les lignes de force en un chromatisme doucement coloré et nuancé, travaillé en couches successives en une matière qui s'allège ou s'enrichit de reliefs : c'est d'abord en peintre que Cécile Proslier entame le dialogue avec Ie paysage avant de s'en imprégner profondément, d'en saisir l’âme.
Cette artiste possède une approche personnelle, intime du paysage élu : en ce moment les vastes espaces de l'Île de Ré dont elle traduit sur la toile l'émotion ressentie sur Ie motif en des compositions amples où subsistent quelques accidents de terrain rythmant l’espace. On est loin d'une représentation réaliste et cependant la vérité est là.
Partie d'une dominante, Cécile Proslier joue ensuite des multiples variations tonales avec une grande finesse sous la lumière. Ces paysages à la limite de l'abstraction demeurent très vivants, et l’artiste réalise une intéressante synthèse.
Spontanéité et réflexion s'allient dans les quelques vingt compositions récentes qui semblent nées de la passion de peindre liée à l'amour d'une nature en liberté.

Nicole Lamothe


 

Suivant son chemin avec indépendance, Cécile Proslier n'appartient à aucune école, mais elle pourrait bien faire école un jour, car sa trajectoire est nouvelle et audacieuse.
Tout en maniant la couleur avec une savante dextérité
(que ce soit sur toile ou sur papier japon marouflé), il y a toujours quelque chose d'un sculpteur, d'un architecte, dans sa façon d'exprimer la force vitale qui I'anime.
Cette approche à la peinture, cette recherche dynamique de I'espace brisé et sans cesse reconstitué, ce goût inassouvi de la pierre angulaire, à la puissance et aux variations infinies, sont partie inhérente à I'originalité de I'artiste, dont il ne faut cependant pas sous-estimer la sensibilité.

"J'aimerais traduire par ma peinture, une émotion plus secrète,
ou transparaît une cassure plus profonde", écrit celle-ci.

Car voila bien Ie mot clé à la fois douloureux et rédempteur, qui donne son titre a I'exposition : "LA CASSURE"!
Cassure de I'horizon rayé dans son ampleur par les ailes d'un oiseau mythique, brèches téméraires accomplies par une main attaquant sans relâche Ie matériau brut que chaque coup de pinceau réinvente et multiplie... Ce sont là, me semble-t-il, les buts essentiels poursuivis par la peintre.
Inspirée par les vastes espaces, fervente des paysages sauvages
(l’Île de Ré est un de ses lieux de prédilection), elle plante son chevalet dans les régions arides. Mais, face aux rochers et aux violences du grand large, cette curiosité, ardente pour la brutalité de la nature, n'entrave pas chez Cécile Proslier la quête inquiète de la couleur rare, de la demi-teinte subtile, qui apporteront un élément de finesse a une oeuvre où la force domine.
Poussant loin les recherches de sa technique où, aux emplois d'huiles traditionnelles, se mêle I'usage de I'acrylique et du pastel gras, la variété des moyens employés s'accorde harmonieusement avec la variété des expériences que poursuit I'artiste depuis Ie début de sa carrière.
Cécile proslier a participe à nombre d'expositions en France et a I'étranger.

Flora Groult
(15 février1992)


 

Les touches de couleur de Cécile Proslier composent des kaléidoscopes lumineux. Des graphismes gestuels en structurent les facettes. Ses paysages particuliers naissent ainsi.

"Avant, j'avais besoin d'un sujet. Maintenant, Ie sujet vient de l'intérieur".

Depuis 1962, Proslier représentait l'espace. Exclusivement architectural au début, tout en hauts murs, en escaliers désarticulés, en dômes spectaculaires, en arc-boutants, et parfois visité par des colosses énigmatiques; elle l'a progressivement dépaysé, naturalisé. La montagne est apparue, puissante, puis la végétation, sauvage. Les coups de pinceau s'en sont trouvés tonifiés. Un grand vent souffle désormais sur les toiles et a chassé l'illusion. II ne s'agit plus de "fenêtres sur" mais de surfaces autonomes.
Proslier ne raconte plus, elle propose.
La nature, quant a elle, n'est plus un modèle; il s'agit d'une référence. Construites et solides, les formes parlent de Cézanne. Subtiles et juxtaposées, les couleurs les inscrivent dans la lignée de l'abstraction post-impressionniste française, celle de Bryen et de Germain.
Proslier, qui travaillait dehors, avec

"Le plaisir intense de me retrouver en contact direct avec la lumière,
Ie paysage, pour me sentir dedans"

se concentre aujourd'hui dans la quiétude et la clarté de son atelier. Sa réflexion solitaire lui permet d'affiner son vocabulaire original. C'est plus que jamais une aventure de lumière. La couleur l'affirme avec éclat et les arêtes dessinées la cloisonnent avec habileté. C'est aussi une affaire d'équilibre : entre les grandes masses géométriques et hermétiques, qui rappellent l'architecture et évoquent Ie secret, et les tourbillons de la végétation et des deux qui parlent de mouvement et d'émotion, Proslier tend à accorder deux mondes aussi différents qu'imposants.

"Tout ce qui est monumental me donne l'impression de la fragilité".

II est question de grandeur et de délicatesse, dans cette vaste et poétique célébration de la lumière.

" Le paysage donne Ie sentiment de la liberté"

Les extérieurs intérieurs de Cécile Proslier le traduisent.

Françoise Monnin
(octobre 1989)

 
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